Il y a des fins de journée où l'on a tout donné. Les rendez-vous se sont enchaînés, les gestes ont été justes, les mots aussi, et pourtant quelque chose en soi est vide, comme si l'écoute accordée aux autres avait peu à peu pris la place de celle que l'on s'accorde.
Beaucoup de thérapeutes et de soignants à Genève connaissent cette sensation. Infirmières, kinésithérapeutes, masseurs, aides-soignantes, sages-femmes, naturopathes, ostéopathes, coachs : des métiers très différents, mais une même fatigue, discrète, qui ne se voit pas dans l'agenda.
Ce n'est pas un manque de compétence. Ce n'est pas non plus un manque de vocation. C'est plutôt la fatigue naturelle de celles et ceux qui donnent de l'attention aux autres toute la journée, et qui n'ont plus beaucoup de temps pour reprendre de l'énergie pour eux-mêmes.
C'est souvent à ce moment-là que revient une question. Le Reiki est ouvert à tout le monde, mais est-ce que se former au Reiki quand on est thérapeute ou soignant pourrait avoir sa place dans ma pratique, ou simplement dans ma vie ? Cet article y répond concrètement. Il regarde ce que la formation Reiki Consciousness® peut apporter à quelqu'un qui accompagne déjà des personnes, le cadre à respecter, ce que dit la recherche, et les questions utiles à se poser avant de s'inscrire.
Une précaution d'abord. Le Reiki est une pratique de bien-être et de soin énergétique. Sur le plan officiel, il ne pose aucun diagnostic médical, ne traite aucune maladie, et ne remplace jamais un suivi médical. Se former au Reiki ne donne aucun droit supplémentaire à diagnostiquer ou à traiter, et ne change rien au cadre légal de votre profession.
Cela n'empêche pas l'expérience. Avec les années de pratique, notamment en shiatsu et en médecine chinoise, le toucher se développe : on apprend à percevoir sous les mains des différences de tension, de chaleur, de densité, rien qu'en touchant la personne. Ce n'est pas un diagnostic, c'est une perception, qui guide l'attention du praticien.
Pourquoi tant de professionnels de l'accompagnement s'y intéressent
On pourrait croire que ceux qui travaillent déjà dans le soin n'ont pas besoin d'un outil de plus. Ils en ont souvent plusieurs, parfois beaucoup. Ce qui manque rarement, ce sont les techniques. Ce qui manque plus souvent, c'est un temps de calme dans lequel la technique cesse d'être le centre de la séance.
Ce que j'observe en consultation, c'est que les personnes qui accompagnent les autres ont parfois plus de difficulté que les autres à recevoir. Elles savent donner un soin. Elles savent beaucoup moins se laisser faire un soin, et encore moins se poser sans rien produire.
Le Reiki s'adresse à cet endroit précis. Pas à la compétence, mais à la présence.
Une pratique de présence plutôt qu'une technique de plus
Dans la médecine traditionnelle chinoise, que je pratique depuis des années aux côtés du shiatsu, de l'acupuncture et du TuiNa, on dit que le thérapeute travaille d'abord avec son propre état. Un geste posé depuis un corps tendu et un esprit déjà occupé par la suite de l'agenda n'a pas la même qualité qu'un geste posé depuis un corps disponible.
On n'a pas besoin d'adhérer à une lecture énergétique pour reconnaître l'expérience. N'importe quel professionnel sait qu'un jour de grande fatigue, ses mains ne sont pas les mêmes. Ce n'est pas une affaire de technique, c'est une affaire d'état.
Le Reiki ne remplace pas la formation que l'on a déjà. Il propose un cadre simple pour revenir à cet état, avant, pendant ou après le travail.
Ce que la formation Reiki Consciousness® peut apporter à une pratique existante
Il faut rester concret, sinon la question devient abstraite. Voici, sans promesse, ce que des professionnels décrivent lorsqu'ils reviennent de ce type de formation.
La première chose, presque toujours, est un temps de pause pour soi. Deux jours dans lesquels on est du côté de celui qui reçoit autant que de celui qui donne. Pour une personne qui passe sa vie professionnelle à tenir, cela peut être la partie la plus inattendue.
La deuxième est un geste que l'on peut garder avec soi. Pas un protocole supplémentaire à appliquer, mais une manière de poser les mains, de respirer, de se mettre à l'écoute, que l'on peut utiliser entre deux rendez-vous, le soir en rentrant, ou pendant une pause trop courte.
La troisième est une qualité de présence qui se modifie parfois dans la relation d'accompagnement. Certains praticiens disent qu'ils parlent moins, qu'ils écoutent plus longtemps, qu'ils laissent davantage de silence à la personne en face d'eux. Là encore, ce sont des descriptions de ce que vivent les professionnels.
La quatrième est une technique pour se décharger des énergies négatives. Au fil de la journée, on reçoit beaucoup de ce que laissent les personnes que l'on accompagne ou que l'on côtoie, et c'est ce qui nous vide habituellement. La formation apprend les deux mouvements : d'un côté se recharger soi-même grâce à l'auto-soin, de l'autre se décharger des énergies négatives, et autres, qui peuvent rester après le contact avec les autres.
Prendre soin de soi pour continuer à prendre soin
Beaucoup de professionnels du soin repoussent l'idée de s'occuper d'eux-mêmes, parce qu'elle ressemble à un luxe ou à une faiblesse. Pourtant, une présence qui s'épuise finit par se refermer. L'écoute devient plus technique, la patience plus courte, l'empathie plus fatiguée.
Ce n'est pas une défaillance, c'est un signal. Le corps ne ment pas : quand l'énergie baisse, il le dit, par une tension dans la nuque, un sommeil moins profond, une irritabilité inhabituelle, un détachement que l'on n'aime pas reconnaître.
Pratiquer le Reiki sur soi n'est pas la seule réponse à cela. Mais c'est une réponse simple, qui ne demande ni matériel, ni salle, ni abonnement, et qui peut se glisser dans une journée déjà pleine.
Un autre langage pour accompagner
Le Reiki ouvre aussi, pour certains, un autre langage avec les personnes qu'ils reçoivent. Un masseur peut y trouver une manière de terminer une séance par quelques minutes de calme plutôt que par une conclusion pressée. Une sage-femme, une infirmière, une aide-soignante peuvent y trouver un moyen de s'ancrer avant d'entrer dans une chambre.
Cela suppose toujours de respecter le cadre de sa profession, les règles de son institution et le consentement de la personne. Un geste énergétique n'est jamais imposé, et il ne se substitue à aucun acte de soin.
Ce que dit la recherche sur le Reiki
Le Reiki a été étudié pour la douleur, l'anxiété et le stress, et plusieurs travaux vont dans un sens favorable.
Une méta-analyse consacrée à la période périopératoire rapporte un effet favorable du Reiki sur la douleur dans les vingt-quatre heures suivant une intervention, et sur l'anxiété avant celle-ci (méta-analyse sur la période périopératoire). Une étude menée en 2024 en Turquie auprès d'infirmières rapporte une baisse du stress et de l'anxiété après une courte période de pratique du Reiki (étude sur le stress et l'anxiété chez des infirmières, 2024). Et le centre américain de santé complémentaire et intégrative (NCCIH) indique qu'aucun effet nocif n'a été rapporté (NCCIH, fiche d'information sur le Reiki).
La recherche reste cependant jeune : les essais sont encore petits et leurs protocoles très variés, et la revue Cochrane de 2015 sur l'anxiété et la dépression n'a pu retenir que trois essais, trop peu pour conclure dans un sens ou dans l'autre (Joyce et Herbison, Cochrane, 2015). Le Reiki reste donc une pratique de bien-être qui complète un suivi médical sans le remplacer, et qui ne se présente jamais comme un traitement.
Ce que ces travaux ont en commun avec ce que décrivent les praticiens, c'est un apaisement ressenti, une détente, une plus grande disponibilité intérieure. C'est précisément ce que beaucoup de soignants recherchent. Si vous êtes à bout, la première démarche reste toutefois d'en parler à votre médecin ou à votre thérapeute, et, selon votre situation, à votre employeur ou à votre médecin du travail.
Un exemple pour rendre cela concret
Prenons une personne qui travaille comme kinésithérapeute depuis une quinzaine d'années dans le canton de Genève. Ce n'est pas un témoignage, c'est un scénario fictif, mais il ressemble à ce que l'on entend souvent.
Elle aime son métier. Elle est reconnue, son agenda est plein. Pourtant, depuis un an, elle rentre chez elle avec les épaules dures et la tête encore remplie de ses patients. Le week-end ne suffit plus à récupérer. Elle ne songe pas à changer de métier, elle cherche plutôt un moyen de se poser entre deux journées.
Une collègue lui parle de la formation Reiki Consciousness®. Elle est curieuse, avec un regard de scientifique, et ne veut surtout pas d'un discours qui prétendrait remplacer ce qu'elle sait faire. Elle demande à recevoir le programme avant de décider, apprécie que le cadre soit clair, et s'inscrit parce que le discours est honnête et sans promesse excessive.
Pendant les deux jours, elle est à la fois du côté de celle qui reçoit et du côté de celle qui donne. Elle remarque, surtout, qu'elle n'a rien à performer. Au retour, elle ne parle pas de guérison, ni de pouvoirs. Elle dit qu'elle a retrouvé quelques minutes pour elle chaque soir, avec un geste très simple, et que ses gestes de travail lui paraissent un peu plus calmes.
Elle ne change pas de métier. Elle ne propose pas du Reiki à ses patients pendant les séances de rééducation. Elle garde son cadre, ses protocoles, son code de déontologie. Le Reiki prend sa place à côté, comme un temps pour elle, pas comme un acte de plus.
C'est un usage réaliste : non pas un outil qui s'ajoute à la technique, mais un point d'appui pour celui qui l'exerce.
Le cadre légal et déontologique à ne pas oublier
Une formation Reiki ne vous confère aucune compétence médicale. Elle ne remplace ni une formation de santé reconnue, ni une autorisation de pratiquer, et elle ne vous autorise pas à poser un diagnostic ou à promettre un résultat.
Si vous exercez une profession de santé réglementée, il vous appartient de vérifier ce que votre cadre professionnel permet, ce que votre institution accepte, et ce que votre assurance couvre. Beaucoup de professionnels choisissent d'utiliser le Reiki uniquement pour eux-mêmes, d'autres le proposent dans le cadre d'une activité complémentaire clairement distincte de leur pratique de santé.
Dans tous les cas, quelques règles simples tiennent lieu de boussole :
- annoncer clairement ce qu'est le Reiki et ce qu'il n'est pas ;
- ne jamais laisser entendre qu'il remplace un traitement ou un avis médical ;
- obtenir le consentement de la personne avant tout geste ;
- renvoyer vers un médecin ou un thérapeute dès que la situation l'exige.
Un praticien sérieux dit ce qu'il fait, ce qu'il ne fait pas, et sait orienter. C'est aussi, pour un professionnel de l'accompagnement, ce qui protège la relation de confiance.
Reiki Consciousness® : ce que cela change pour un professionnel
Le Reiki Consciousness® est une forme de Reiki créée par Olivier Honsperger, dont la formation tient en deux jours et en un seul palier, sans symbole à mémoriser pour commencer. Pour comprendre en quoi cette approche se distingue des formes plus classiques, vous pouvez lire l'article sur le Reiki Consciousness® et ses différences avec le Reiki traditionnel.
Pour un professionnel au planning serré, cette organisation a un intérêt pratique évident. Se former au Reiki ne demande pas d'étaler un apprentissage sur plusieurs mois, entre deux obligations. Et le fait d'arriver avec une expérience de l'accompagnement est plutôt un atout : on sait déjà ce que signifie poser une présence, écouter sans juger, rester auprès de quelqu'un.
Georges Richard prévoit par ailleurs de proposer, après la formation, des journées complémentaires facultatives : l'une consacrée au diagnostic, c'est-à-dire aux questions à poser et à la manière de les poser, d'autres consacrées à la pratique et à l'approfondissement de la technique. Les modalités sont encore à définir, et il ne s'agit pas d'une offre disponible aujourd'hui.
Est-ce utile quand on débute tout juste dans l'accompagnement ?
Oui, mais pas pour les mêmes raisons. Pour une personne qui commence, la formation peut surtout offrir un cadre pour se familiariser avec la présence à l'autre, avant même d'avoir un répertoire technique étendu. Pour une personne qui exerce depuis longtemps, elle apporte plutôt un temps de ressourcement et une manière de revisiter ce qu'elle fait déjà.
Dans les deux cas, ce n'est pas un raccourci professionnel. Si cette question vous préoccupe, l'article sur la question du don pour apprendre le Reiki rappelle qu'aucune prédisposition particulière n'est requise.
Les questions à se poser avant de s'inscrire
Avant de choisir une formation Reiki à Genève, quelques questions simples permettent d'éviter les déceptions. Elles valent pour toute formation, pas seulement celle-ci.
Qu'est-ce que j'attends réellement de cette formation : un temps pour moi, un outil pour mes proches, un complément pour mon activité ? Ai-je vérifié ce que mon cadre professionnel autorise, et ce que mon institution accepte ? Le formateur est-il clair sur ce que la pratique ne permet pas, et sur l'absence de preuve scientifique d'un effet thérapeutique ? Puis-je poser mes questions avant de m'engager, et obtenir le programme par écrit ?
Pour cette dernière question, le formulaire de la page Recevoir les informations sur la formation permet de recevoir par courriel le programme détaillé, sans engagement. Pour mieux comprendre ce que recouvrent les deux jours dans leur logique générale, l'article sur la formation Reiki à Genève pose les repères utiles.
Quand le métier devient un terrain
Il arrive que la fatigue des professionnels du soin ne soit plus un épisode, mais un terrain. On ne la remarque plus, parce qu'elle fait partie du métier, parce que tout le monde autour est fatigué aussi, parce qu'il y a toujours quelqu'un d'autre à qui donner la priorité.
Dans ce cas, aucune pratique isolée ne suffit. Ce qui aide, c'est souvent un ensemble de petites choses qui se renforcent : un rythme de travail réaliste, du mouvement, des relations qui nourrissent, de la supervision ou un espace de parole, un suivi médical si nécessaire, et quelques temps de véritable repos. Le Reiki peut en faire partie, et pour beaucoup de personnes il est l'un des points d'appui les plus simples.
Ce que beaucoup de professionnels recherchent, au fond, n'est pas une technique supplémentaire. C'est de retrouver la confiance dans leur propre présence.
Et cette confiance revient rarement par la force. Elle revient par des expériences répétées de calme, qui rappellent au corps que cet état existe encore.
Pour aller plus loin, à Genève
Si vous vous reconnaissez dans cette fatigue du soignant, et que l'idée d'un temps de pratique simple vous attire, il peut être pertinent de découvrir le Reiki à Genève de manière plus concrète, soit en vous informant d'abord, soit en participant à la formation. Il n'y a rien à forcer, et rien à précipiter.
Vous pouvez Découvrir la formation Reiki Consciousness® à Genève, ou Recevoir les informations sur la formation : le programme détaillé vous est alors envoyé par courriel. Et que vous habitiez Genève, la France voisine ou ailleurs dans le monde francophone, ces deux jours sont pensés pour des personnes qui arrivent avec leur métier, leurs doutes et leur fatigue, et qui repartent avec un geste simple à garder à portée de main.
Le Reiki ne change pas votre métier. Pour beaucoup de personnes, il rend de la place à celui ou celle qui l'exerce.
FAQ – Se former au Reiki quand on est thérapeute ou soignant
Faut-il être professionnel de santé pour suivre la formation ?
Non. La formation s'adresse à toute personne en quête d'évolution personnelle, quel que soit son métier. Les professionnels de l'accompagnement y trouvent parfois un temps de ressourcement, mais rien n'est exigé.
Une formation Reiki me permet-elle de soigner ou de diagnostiquer ?
Non. Le Reiki est une pratique de bien-être et de soin énergétique. Il ne confère aucune compétence médicale, ne permet pas de poser un diagnostic et ne remplace aucun traitement. Votre cadre professionnel reste celui de votre formation initiale.
Puis-je proposer du Reiki à mes patients ou à mes clients ?
Cela dépend de votre profession, de votre institution et de votre assurance. Il vous appartient de vérifier ce qui est permis dans votre cadre, de présenter clairement ce qu'est le Reiki, et d'obtenir le consentement de la personne. Beaucoup de professionnels le pratiquent d'abord pour eux-mêmes.
Des études montrent-elles que le Reiki aide à mieux vivre le stress professionnel ?
Plusieurs études, notamment auprès d'infirmières, rapportent une baisse du stress et de l'anxiété après une pratique du Reiki. La recherche est encore jeune, avec de petits échantillons, et elle se poursuit. Le Reiki accompagne : il ne remplace ni un suivi médical, ni un arrêt de travail, ni une démarche auprès de votre médecin du travail.
Le Reiki est-il dangereux ?
Aucun effet nocif n'a été rapporté dans les recherches disponibles, selon le NCCIH. Le risque principal est indirect : retarder une consultation ou arrêter un traitement en pensant que le Reiki suffira. Il doit toujours rester un complément.
Faut-il croire au Reiki pour suivre la formation ?
Il n'est pas demandé de croire. On peut venir avec ses doutes et son esprit critique. Ce qui compte, c'est d'être présent et d'observer honnêtement ce que l'on ressent, ou ce que l'on ne ressent pas.
Sources
- NCCIH – Reiki : ce qu'il faut savoir (fiche d'information)
- Joyce J., Herbison G.P. – Reiki for depression and anxiety, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2015
- Effet du Reiki sur la douleur, l'anxiété et les paramètres hémodynamiques en période périopératoire, méta-analyse
- Effet de la pratique du Reiki sur le niveau de stress et d'anxiété des infirmières, Journal of Traditional Medical Complementary Therapies, 2024
